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	<title>article 931 code civil &#8211; Marque, Nom de domaine, la contrefaçon et la concurrence déloyale sur Internet</title>
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	<description>Les marques sur Internet et les noms de domaine, jurisprudence, contrefaçon et autres atteintes aux marques  un blog de Philippe Schmitt avocat propriété intellectuelle</description>
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		<title>Le 13 mars 2024, la Cour de Paris annule le contrat de cession gratuite de marque pour vice de consentement et non pour donation proscrite à l&#8217;article 931 du Code civil</title>
		<link>https://www.marque-internet-philippeschmittleblog.fr/marque-communautaire/le-13-mars-2024-la-cour-de-paris-annule-le-contrat-de-cession-gratuite-de-marque-pour-vice-de-consentement-et-non-pour-donation-proscrite-a-larticle-931-du-code-civil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Schmitt Avocat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Apr 2024 16:09:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Contrat]]></category>
		<category><![CDATA[Marque communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[8 février 2022]]></category>
		<category><![CDATA[article 931 code civil]]></category>
		<category><![CDATA[cession de marque]]></category>
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		<category><![CDATA[Courde Paris 13 mars 2024]]></category>
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		<category><![CDATA[jugement du 8 février 2022]]></category>
		<category><![CDATA[nullité]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunal judiciaire de Paris]]></category>
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					<description><![CDATA[Quel enseignement tiré de l'arrêt du 13 mars 2024 de la Cour de Paris à propos de la cession gratuite de la marque confrontée à l’article 931 du Code civil ? ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Successivement le Tribunal judiciaire de Paris, le 8 février 2022 et la Cour de Paris, le 13 mars 2024, annulent un contrat de cession gratuite de marque. <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/65f2a2f28591f70008cf32b3?search_api_fulltext=22%2F05440&amp;op=Rechercher&amp;date_du=2024-03-13&amp;date_au=2024-03-13&amp;judilibre_juridiction=ca&amp;previousdecisionpage=&amp;previousdecisionindex=&amp;nextdecisionpage=&amp;nextdecisionindex=">L&rsquo;arrêt du 13 mars 2024</a><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">La Toile s&rsquo;enflamme, la cession gratuite de marque devait être passée devant notaire, à défaut elle serait nulle en application de l’article 931 du Code civil.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Mais une telle lecture de la décision d’appel est erronée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Limitons-nous aux faits rappelés à l&rsquo;arrêt puisqu’ils ont été considérablement simplifiés par l’abandon en appel de nombreuses demandes.</span></p>
<h2><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>1. Les faits</strong></span></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">4 août 2014 : S et T , deux personnes physiques, déposent ensemble une demande de marque de l’Union.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">18 juin 2015 : S et T déposent ensemble 3 modèles communautaires (désignés 116-1 à 116-3 ).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>13 juillet 2015 : cession de la marque et des modèles 116 à la société H… D…( cette société deviendra A…..).</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">2 janvier 2017 : à nouveau ensemble 3 dépôts de modèles communautaires (désignés 688-1 à 688-3).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>27 janvier 2017 : S concède une licence sur la marque et sur les modèles 166 à la société O……..  où S et T sont associés, et à une société C….. S….. ( cette société est présentée comme tierce, a priori S et T n’en seraient donc pas associés</strong>).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">11 décembre 2017 : S quitte le capital de la société C….</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">2019 : liquidation de O……..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">23 janvier 2018 : T dénonce la cession des droits du 13 juillet 2015.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">7 novembre 2018 : T assigne S et la société A….. en nullité du contrat de cession du 15 juillet et en contrefaçon de marque et de modèles ( leur validité sera d’ailleurs contestée).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Le jugement annule le contrat, la Cour confirme cette annulation .<br />
</span></p>
<h2><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: 14pt;">2.  Le 23 mars 2024 l’annulation du contrat du 13 juillet 2015 intervient pour défaut de consentement de T</span></strong></span></h2>
<h3><span style="font-size: 14pt;">                      2.1 Un contrat de cession très particulier</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">La situation de cet acte du 13 juillet 2015 est pour le moins étonnante puisque selon T,   cette « <em>cession de droits sur [la marque] ainsi que les dessins et modèles effectués au profit de la société H……. D …… |est] dans <strong>l&rsquo;unique objet de procédures contre les contrefacteurs </strong></em><strong>».</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">En effet, une action en contrefaçon a été engagée par la société H….. D….. devenue la société A ….. , qui a été rejetée avec annulation des 3 modèles 116 par jugement du 11 juillet 2019.</span></p>
<h3><span style="font-size: 14pt;">                   2.2 Le défaut de consentement de T à l’acte du 13 juillet 2015 … parce qu’il ne l’a pas signé et s’est toujours comporté comme le titulaire des droits prétendument cédés</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">L’arrêt du 23 mars énumère une étonnante liste de griefs à cet acte du 13 juillet.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Cette liste se trouve regroupée dans un alinéa qui débute par « <strong><em>la validité de l&rsquo;acte de cession daté du 13 juillet 2015 est des plus suspectes </em></strong>»,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 14pt;">2.2.1. <strong>T n’a pas signé cet acte du 13 juillet 2015</strong> &#8230;.qui n’était d’ailleurs pas sa date</span></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><em><span style="font-size: 14pt;">La signature qui y apparaît sous le nom de M. [T] ne correspond pas à celle qui figure sur la carte nationale d&rsquo;identité de l&rsquo;intéressé ni à celle qu&rsquo;il a apposée au bas des statuts de la société O……. en octobre 2014.</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">La date de ce contrat est manifestement fausse :</span></em>
<ul>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">Y sont annexés des certificats délivrés par l&rsquo;EUIPO en date du 29 novembre 2016.</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">Au demeurant, dans un courrier du 27 octobre 2016 adressé à la société H d (dont M. [S] était, seul, l&rsquo;associé et le gérant), MM. [S] et [T] étant en copie par mails, Me A …, conseil de MM. [T] et [S], évoque la cession comme étant à intervenir (« la marque ainsi que les dessins et modèles sont exploités par la société H…… D …… depuis sa création sans qu&rsquo;aucun contrat de cession des droits ne soit intervenu entre vous-mêmes et la société H…….. D….. (&lsquo;) le contrat de cession va prévoir de rétroagir à la date de création de la société H…… D…. (&lsquo;) » ; « je vous prie de trouver sous ce pli le projet de cession (&lsquo;) »).</span></em></li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: 14pt;"><strong>« Il est donc établi que M. [T] n&rsquo;a pas signé de contrat de cession de la marque et des dessins et modèles le 13 juillet 2015</strong>, ce contrat indiquant par ailleurs en son article 6 (« Entrée en vigueur ») que la cession est « réputée être intervenue rétroactivement au jour de la création de la société H …. D……soit le 2 juillet 2014 », <strong>ce qui ne correspond pas à la date du 13 juillet 2015 ».</strong></span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 14pt;">2.2.2. T s’est toujours comporté comme le titulaire des droits prétendument cédés</span></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><em><span style="font-size: 14pt;">Enfin, plusieurs courriers postérieurs à la cession prétendument intervenue le 13 juillet 2005 montrent que M. [T] est toujours considéré et se comporte toujours comme le cotitulaire des titres :</span></em>
<ul>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">ainsi, le 2 août 2016, M. [S] demande l&rsquo;avis de M. [T] pour un contrat de concession de marque (pièce 32 intimé) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">le 14 octobre 2016, un contrat international de fabrication entre la marque « &#8230;&#8230; » « représentée par Mr [S] et Mr [T] [N] » et la société B E est adressé par celle-ci à M. [T] pour validation (pièce 28) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">le 22 décembre 2016, M. [T] répond à H D (M. [S]) au sujet d&rsquo;une difficulté rencontrée par un client avec des antennes (pièce 37) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">fin 2016/ début 2017, M. [T] est chargé du dépôt de la marque aux Etats-Unis (pièce 35) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">le 11 janvier 2017, la société B informe MM. [S] et [T] de la modification de la codification de produits de la marque « &#8230;&#8230;  » (pièce 29) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">le 28 avril 2017, M. [T] indique à Me A …  qui l&rsquo;avait interrogé, ainsi que M. [S], sur une contrefaçon de la marque « &#8230;&#8230;.. » : « D&rsquo;un commun accord, nous prenons la décision » de ne pas adresser de mise en demeure à la société &#8230;&#8230;.. mais de « demander directement une saisie et procédure pour contrefaçon et usage abusif de la marque » (pièce 38) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;"><strong>le 31 mai 2017, Me A…. rappelle à M. [T] : « les dessins et modèles sont aussi à toi »</strong> (pièce 27) ;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size: 14pt;">le 31 mai 2017, Me A … , indiquant intervenir pour MM. [S] et [T], et non pour la société H&#8230;.. D&#8230;&#8230; adresse une mise en demeure à M. [W] de cesser la commercialisation de produits protégés par la marque « &#8230;&#8230;.  » ou les dessins et modèles (pièce 30)&rsquo;</span></em></li>
<li><span style="font-size: 14pt;"><em>Par ailleurs, par « contrat de distribution exclusive et de concession de marques dessins et modèles » du 27 janvier 2017, M. [S] concède aux sociétés O …… et C…..  une licence sur les marque et dessins et modèles, étant cité comme le « propriétaire exclusif » de la marque « &#8230;&#8230; » et comme « le titulaire » des titres, ce qui est en contradiction avec la cession alléguée de ces mêmes titres à la société H&#8230;.. D&#8230;.. qu&rsquo;il dirigeait (aujourd&rsquo;hui A…..) prétendument intervenue le 13 juillet 2005. »</em> </span></li>
</ul>
</li>
</ul>
<ol style="text-align: justify;" start="3">
<li>
<h2><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: 14pt;">Quel enseignement tiré de cet arrêt à propos de la cession gratuite de la marque confrontée à l’article 931 du Code civil ? Aucun !<br />
</span></strong></span></h2>
</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Une lecture hâtive de cet arrêt du 13 mars 2024 y voit l&rsquo;application de l&rsquo;article 931 aux bénéfices des personnes morales  et qu’il y est dit que l’article 714-1 du CPI n’y fait  pas exception.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Toutefois, c&rsquo;est oublié que la contestation de cette cession gratuite venait du prétendu cessionnaire (T) lui-même alors que classiquement, ce débat est mené à l’initiative d’une partie qui se trouve évincée de sa quote-part sur la donation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Mais surtout les contempteurs de cet arrêt ont omis de relever la contradiction pourtant notée par la Cour dans l&rsquo;argumentation de S, l’autre cessionnaire, « <em>qui soutient tout à la fois que « l&rsquo;acte comporte en lui-même l&rsquo;intention libérale requise en ce qu&rsquo;il indique que la cession intervient à titre gratuit » et que « <strong>l&rsquo;acte litigieux ne saurait être qualifié de donation</strong> </em>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">C’est là qu’il faut revenir à ce qui a été dit ci-dessus à propos de cet étrange contrat.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">En quoi un tel contrat à supposer qu’il ait été valablement signé, aurait constitué une donation avec l’intention constitutive de la libéralité requise aux articles <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000006150545/#LEGISCTA000006150545">931 et suivants du code civil</a> ?</span></p>
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